Une terre gagnée sur la mer ….Le polder du delta de lAa.
Partez à la découverte de paysages préservés à travers nos sentiers de randonnées et balades, entre nature, dunes et marais.
Aux origines du polder : une terre façonnée par l’eau et les hommes
Le polder du delta de l’Aa, plus grand polder habité de France, est le fruit d’un patient travail de la nature et d’un millénaire d’ingéniosité humaine. Il y a plus de 450 000 ans, un isthme reliait la Flandre à l’Angleterre. Mais les mouvements géologiques et les marées puissantes finirent par rompre l’isthme et créer le détroit du Pas-de-Calais, exposant les terres aux assauts de l’océan. Peu à peu, la mer y déposa des matériaux, formant dunes et cordons littoraux. À la fin du Quaternaire, le delta de l’Aa était un vaste marécage végétalisé, traversé par un fleuve nouvellement formé : L’Aa
L’histoire humaine commence avec les Morins, peuple des marais, vivant dans des cités lacustres au sein d’un environnement salin. Crises climatiques, remontée des eaux, puis assèchement progressif ont façonné un territoire fragile mais fertile.
Mille ans d’assèchement : des Wateringues à l’ère industrielle
Dès le VIIe siècle, les moines bénédictins initient les premiers fossés de drainage. C’est le début de la conquête des terres sur la mer. Dès le XIIe siècle, sous l’impulsion du comte Philippe d’Alsace, une organisation unique en France voit le jour : les Wateringues. Ce système administratif répartit les zones d’assèchement entre abbayes et chefs locaux, en charge de creuser des fossés, élever des digues, fixer les taxes et coordonner les travaux. C’est une révolution dans la gestion des eaux.
Au fil des siècles, les grands bâtisseurs – Jean sans Peur, Vauban ou encore l’ingénieur flamand Cobergher (XVIIe siècle) – perfectionnent le réseau hydraulique. Malgré les guerres, tempêtes et inondations stratégiques, l’institution des Wateringues persiste jusqu’à la Révolution. Abolie, elle est rétablie par Napoléon Ier, et le XIXe siècle voit se poursuivre l’entretien de ce maillage vital.
En 1977, une Institution interdépartementale modernise cette gestion. En 2022, elle devient intercommunale, réunissant élus, intercommunalités et usagers pour maintenir cette vaste plaine habitable.
Un territoire unique sous le niveau de la mer : le polder aujourd’hui
Le polder du Delta de l’Aa
Le polder du delta de l’Aa couvre 100 000 hectares sous le niveau moyen de la mer. Il abrite aujourd’hui 450 000 habitants, trois grands pôles urbains, ainsi que deux ports d’importance internationale : Calais, premier port français pour les passagers, et Dunkerque, grand site industrialo-portuaire. Ce territoire artificiellement asséché doit aujourd’hui faire face à deux menaces : les invasions marines et les crues du réseau hydrographique intérieur.
Sa topographie basse et plate en fait un espace aussi fertile que vulnérable. La gestion de l’eau est donc une affaire quotidienne, structurée et collective, afin de maintenir ces terres à l’abri de l’eau.
Le fonctionnement des Wateringues : un réseau hydraulique stratégique
Le système des Wateringues repose sur une régulation millimétrée des niveaux d’eau. À marée basse, les eaux du bassin versant de l’Aa s’écoulent naturellement vers la mer via des portes à Calais, Gravelines et Dunkerque. À marée haute, ces portes se ferment pour empêcher l’intrusion marine, et les eaux douces sont stockées dans les canaux. En cas de pluies abondantes, des stations de pompage prennent le relais pour évacuer l’eau excédentaire. Ce maillage hydraulique associe écoulement gravitaire, ouvrages mécaniques et solidarité territoriale. Grâce à ce système unique en France, le territoire reste protégé, cultivable et accessible.
La Communauté de Communes de la Région d’Audruicq (CCRA)
La CCRA, composée de 15 communes entre la mer et la vallée de la Hem, est au cœur de ce territoire façonné par l’eau. Ce paysage de plaines, de canaux, de dunes et de collines boisées, offre une mosaïque naturelle et patrimoniale exceptionnelle. L’Aa traverse ce territoire en pente douce avant de se jeter dans la mer, tandis que la Hem, aux eaux vives, vient du Pays de Licques. Classée Réserve de biosphère par l’Unesco, cette région abrite aussi un riche passé agricole, marqué par la culture de la chicorée – toujours vivante à Vieille-Église. Histoire, biodiversité, traditions et résilience hydrologique font de ce territoire un modèle d’adaptation entre terre et mer.
Exposition permanente « Vivre avec l’eau »
Maison du Platier d’Oye, Route des dunes, 62215 Oye-Plage
Entrée libre et gratuite.
Ouverture d’Avril à septembre
Pour les groupes
Circuit « Au Pays des Wateringues et chicorée »
Renseignements auprès de Pas-de-Calais tourisme
au 03 21 10 34 60

